Débat d’orientation budgétaire : Attention, fake news !

A Marly, quand il s’agit de questions financières, les années se suivent et se ressemblent. 2018 ne fera pas exception. Cela commence toujours par le laïus sur le désengagement de l’Etat, ensuite vient l’héritage de la dette et la bonne gestion qui a permis de la maîtriser et ensuite on se congratule des quelques investissements tout de même réalisés grâce à une intense chasse aux subventions.

Seulement, ce beau discours ne résiste jamais à l’analyse des chiffres et la réalité est bien différente.

Tout d’abord, il faut bien se rendre compte qu’à Marly, le Débat d’Orientation Budgétaire est plus un pré-Compte  Administratif qu’un véritable échange sur les projets. De là à dire que c’est parce qu’il n’y a pas de projets à Marly, c’est un pas que je ne franchirai pas ou tout du moins, pas à ce stade de mon analyse.

Reprenons point par point les allégations de M. Thiémé :

Le fameux désengagement de l’Etat tout d’abord. Et bien à Marly au moins, c’est absolument faux. En 2017, la ville a touché plus de dotations et de participations qu’en 2016 et en 2018, ce sera encore le cas. (4 544 045.71 en 2016 contre 4 818 307.15 en 2017. Pour 2018, les chiffres uniquement sur DGF, DSU et DNP montre déjà une hausse de 16 256 €).

Les impôts quant à eux sont en augmentation de 2016 à 2017 et ont rapporté 8 838 478.09 € à la ville en 2017 contre 8 826 845.16 l’année précédente.

Pour résumé, augmentation des dotations et augmentation des impôts mais malgré tout M. Thiémé se plaint du désengagement de l’Etat et du manque de moyens de sa commune.

Ensuite la dette…

Je ne reviendrai pas sur les 100 ans écoulés comme M. Thiémé aime le faire et oubliant au passage que ce sont ses amis qui ont géré la ville les ¾ du temps.  Je me contenterai de regarder ce qui a été fait par la municipalité en place. Et là aussi, au-delà des belles paroles, les chiffres nous montrent que nous sommes loin du compte. Dans une ville qui a vu ses impôts augmenter de 30%, dont les dotations de l’Etat sont stables ou en augmentation et en constatant qu’il n’y a eu aucun projet d’envergure, on pourrait s’attendre à ce que le niveau de la dette baisse considérablement. Pas du tout, en fait il augmente même ! Nous sommes passés de 5 années de désendettement en 2015 à plus de 8 en 2016. Cela nous rapproche fortement du seuil limite placé à 10 années.

La bonne gestion pour continuer…

Nous arrivons là dans la meilleure partie, celle pour laquelle il faut avoir 40 ans de politique derrière soit pour ne pas avoir honte de dire que l’on gère bien sa ville quand chaque année les dépenses de fonctionnement augmentent et que la capacité d’autofinancement de la ville se situe autour de zéro !  Dépenses de fonctionnement  au CA 2013 : 13 195 205.28€ contre 13 759 953.32 au CA 2017.

Il y a quelques mois, nous entendions M. Thiémé pousser des cris d’orfraie à l’annonce de la disparition des contrats aidés et pourtant force est de constater qu’il n’y avait que 4 contrats aidés en 2017 à Marly contre 25 en 2013 ou 18 en 2008. Les dépenses de personnel explose nt : 8 604 030.90 € en 2017 contre 7 661 766.32 € en 2013 et pourtant le service technique s’est réduit à peau de chagrin et la mairie a recours à des prestataires extérieurs de plus en plus nombreux dont l’efficacité dans l’entretien de notre ville reste plus qu’insatisfaisant.

Et enfin, les investissements !

Là, il faut reconnaître qu’en général, ils ont l’autosatisfaction modeste sur ce chapitre, reconnaissant que les investissements sont peu nombreux mais en adéquation avec leurs marges de manœuvre. Difficile de les contredire sur ce point mais comment investir sans baisser les charges de fonctionnement ?  Sans dégager de capacité d’autofinancement ? A la lecture des quelques lignes figurant dans la demie page correspondant aux projets de la note de synthèse de DOB (sur 11 pages), on peut se poser des questions sur ce qu’il va se passer dans notre ville cette année. A part le projet de restaurant scolaire des Floralies mais vous savez ce que j’en pense… Pour le reste, on va refaire quelques tronçons de routes, planter quelques arbres et commander des études à des cabinets qui nous diront s’ils trouvent des projets intelligents à réaliser.

Difficile de voir dans ce Débat d’Orientation Budgétaire la vision de la ville que nous propose M. Thiémé. Mais peut être ne faut-il pas chercher plus loin, elle est là sa vision de Marly, continuer à ne rien faire en se félicitant de chaque brin d’herbe coupé et de chaque papier ramassé et en s’extasiant si un coup de peinture est donné dans une salle de classe.