Brexit : le divorce de l’espoir

brexitCe matin au réveil, nous apprenions que les anglais avaient décidé de nous quitter.

Ce résultat est un soulagement. Dans un couple, quand cela fait trop d’années que le désamour règne, il est préférable que chacun reprenne sa vie en main séparément.

La décision aura été prise par les Britanniques et servira d’avertissement aux dirigeants de toute l’Europe. A trop vouloir instrumentaliser l’opinion publique à des fins partisanes, celle-ci finit par se révolter. Certes, les Anglais se mordront les doigts de cette décision qui les pénalisera pour longtemps mais il faudra qu’ils jugent l’impéritie de leurs leaders politiques responsables de ce résultat. On ne peut pas présenter l’Union Européenne comme responsable de tous les maux, provoquer un referendum à des fins politiciennes et ensuite espérer un vote objectif de citoyens désorientés et écœurés par le spectacle lamentable de ces élus.

Dans le reste de l’Europe, c’est un sentiment de malaise qui prédomine car beaucoup d’Européens, au nom d’un idéal commun, souhaitaient la victoire du remain. Néanmoins, il ne faut pas se voiler la face, un vote contraire n’aurait pas rendu les Britanniques europhiles ni David Cameron plus intégrateur.

Le statu quo aurait été fatal à l’Union Européenne qui traverse une crise existentielle très grave. Le départ des Britanniques doit provoquer un sursaut chez nos dirigeants pour que ceux qui depuis trop longtemps freinent la construction européenne en soit dès aujourd’hui des leaders déterminés.

Si l’UE est en crise, c’est principalement parce que les Etats Membres s’opposent à tout progrès dans l’intégration européenne en y voyant une perte de souveraineté. Dans un monde globalisé, quelle est notre part de souveraineté nationale quand la faiblesse de notre économie ne nous donne pas voix au chapitre ? L’Union Européenne, s’exprimant d’une seule voix, est seule à même de s’imposer face à des géants comme les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde.

Pour cela, libérés de notre boulet anglais, nous devons agir rapidement pour enfin s’engager sur la voie de l’intégration et de l’harmonisation. Harmonisation fiscale et sociale, gouvernance économique de la zone Euro, défense commune, diplomatie commune, politique d’immigration commune, voici les chantiers des prochains mois.

Si nous parvenons à faire naître enfin cette Europe-là, nous redonnerons foi en elle à nos concitoyens et le 23 juin 2016 deviendra une date fondatrice de l’Union Européenne et l’événement politique le plus important depuis la chute du mur de Berlin.