Marly : la sécurité et la jeunesse enflamment les débats au conseil municipal

Par Cécile Thiébaut – La voix du Nord – Le 20/11/2015

 

Au conseil municipal de Marly, jeudi soir, il y a eu bien sûr, une minute de silence, religieusement respectée. Mais l’unité nationale n’aura pas résisté plus de quinze minutes, volant en éclats sur le premier sujet, la sécurité.

 Retour à la normalité au conseil municipal de Marly. PHOTO PATRICK DELECROIX VDN
Retour à la normalité à Marly. Ses conseils animés, son opposition piquante, sa majorité aux accents revanchards. Oui, l’union républicaine, la trêve, liée au deuil national, auront tenu cinq jours à Marly. Il faut dire que des sujets sensibles étaient à l’ordre du jour. En premier lieu, la sécurité, avec le bilan du contrat local de prévention de la délinquance, et surtout ses nouvelles orientations d’ici à 2020. L’occasion pour Fabien Thiémé de se réjouir « d’une amélioration des faits de délinquance ». Les faits globaux ont effectivement baissé de 756 en 2008, à 641 en 2014, la tendance étant aussi à la baisse en 2015. Exceptions faites et notables des cambriolages – « en hausse de 100 % », a relevé Jean-Noël Verfaillie – et des dégradations de biens publics.L’adjointe Rita Cannas a préféré insister sur la présence accrue de la police municipale (laquelle sera renforcée, lire ci-dessous), sa lutte contre les véhicules ventouses, la prévention pour les cambriolages, et la concertation efficace entre la ville et ses partenaires (parquet, police nationale, bailleurs, associations…) à travers « une cellule de veille ». Efforts qui seront poursuivis avec le développement de la vidéo-protection (à la maison des associations, au stade Denayer et aux jardins familiaux des Floralies), des actions de prévention vers la jeunesse, l’extension du dispositif Voisins vigilants (en place aujourd’hui au Domaine du Golf) ou encore la lutte contre les dépôts sauvages via des caméras mobiles. « Ce n’est pas de la démagogie, ce sont des faits », s’est-elle emportée face à Jean-Noël Verfaillie.

Le chef de l’opposition souhaiterait, lui, que la police municipale soit sur le terrain « de 19 h à 22 h », ou encore que la vidéo-protection soit étendue aux quartiers résidentiels et rues principales. Et « il y a encore un travail important à faire pour créer le lien entre éducation et sécurité ».

NAP et désaccords

Pour « faire preuve d’unité » (sic), Jean-Noël Verfaillie a choisi ensuite le silence durant tout le conseil ! Mais ses lieutenants, en particulier Assia Costanzo et Céline Plateel-Thuin, ont pris le relais, sur les questions touchant à la jeunesse. La cible de leurs attaques : les nouvelles activités périscolaires (NAP), dont « nous nous inquiétons de la qualité ». La première a fait allusion à un courrier courroucé du président des parents d’élèves de l’école Louise-Michel. « Mais M.Mortagne était, je crois, sur votre liste aux municipales », a recadré l’adjoint à la jeunesse Alain Mamolo, lui opposant un sondage sur place qui fait état d’une satisfaction de 7 parents sur 10. Les NAP, « ça se passe bien », a ajouté Christian Chatelain, le conseiller délégué, évoquant une hausse de la fréquentation (de 480 écoliers en fin d’année dernière à 533 aujourd’hui). « Et à Marly, cela ne coûte que 15€ par an et par enfant, a rappelé Fabien Thiémé, contrairement à Croix, une ville riche pourtant, qui fait payer 75€ pour du gardiennage ! »

Assia Constanzo s’est attaquée aussi au projet éducatif territorial 2015-2018, « non abouti», à ses yeux et mené « sans concertation ». « Vous nous prenez pour des imbéciles, mais on sait réfléchir, et on fait des choses », a répondu l’adjoint à la jeunesse Alain Mamolo. Qui a dû aussi s’expliquer sur « la gestion désastreuse », dixit Patrick Lemaire, du centre de vacances des Grangettes (Jura) : l’adjoint a précisé qu’après une visite sur place, les comptes, mieux gérés aujourd’hui, seraient à « l’équilibre pour 2017-2018 ».

Grande vague de départs à la mairie

« N’y aurait-il pas des dysfonctionnements dans vos services ? ». La pique de Céline Plateel-Thuin est sortie tandis que les élus étaient invités à revoter une délibération prise lors du conseil précédent – il manquait alors l’indication des mètres linéaires pour les voiries des Dix-Muids appelés à revenir dans le giron communal. « Ça fait un an qu’on attend un directeur général des services ! », a relevé la nº2 de l’opposition. Effectivement, comme nous l’a précisé le maire hier, Martine Fournier, en congés depuis quelque temps, part en retraite. Un appel à candidature sera lancé. En attendant, c’est la directrice générale adjointe Sandrine Mathy qui la remplace.

Autre départ révélé par l’opposition et confirmé par le maire : celui du directeur de cabinet Luc Claisse, qui selon nos informations, va rejoindre la mairie (PCF elle aussi) de Louvroil. Là encore, le poste sera à pourvoir. Troisième poste clé et troisième transfert, celui du directeur des services techniques, Hugues Renaut qui rejoint Valenciennes, « une belle promotion », a salué F. Thiémé, qui ne voit dans ces changements que la « libre volonté des agents d’évoluer dans leur carrière ». H. Renaut sera remplacé au 1er décembre par Jean-Pierre Van Heddgem, qui a gravi tous les échelons à Marly, puisqu’il y a commencé comme agent d’entretien à 18 ans.

Le maire s’est montré plus ennuyé quand J.-N.Verfaillie a relevé le départ des trois policiers municipaux à Vieux-Condé : « Ils en avaient marre d’attendre des moyens », a lâché le chef de l’opposition. Pour le chef de brigade, F. Thiémé parle plutôt de « raisons personnelles », mais « c’est dommage que les deux jeunes l’aient suivi… ». Toujours est-il que le recrutement est en cours, et qu’à terme, début 2016, l’effectif de policiers municipaux passera de 3 à 5.